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Un projet BTP, rénovation ou nettoyage à Mayotte ?

Import de ciment en baisse de 30 % à Mayotte : ce que ça change pour votre chantier

Import de ciment en baisse de 30 % à Mayotte : ce que ça change pour votre chantier

Un de nos fournisseurs nous a annoncé la semaine dernière que sa prochaine cargaison de ciment arriverait avec plus de trois semaines de retard sur ce qu'il annonçait en début d'année. On aurait pu croire à un problème isolé, propre à ce fournisseur. Les chiffres publiés par l'IEDOM le 11 septembre confirment que ce n'est pas le cas : c'est tout le secteur qui ralentit.

Sur le deuxième trimestre 2026, les importations de ciment à Mayotte ont chuté de 31,7 % en trois mois, et de 30,8 % sur un an. Les carnets de commandes des entreprises du BTP reculent aussi, de 13 points. Concrètement, ça veut dire moins de camions qui déchargent à Kawéni, moins de chantiers qui démarrent au même rythme qu'avant, et des délais qui s'allongent encore un peu plus sur les commandes en cours.

Ce ralentissement s'accompagne d'une hausse des coûts, pas d'une baisse. Sur un an, le prix du bâtiment a augmenté de 7,6 %, celui des travaux publics de 14,8 %, et l'énergie de 16,4 %. Autrement dit : il y a moins de matériaux qui arrivent, et ceux qui arrivent coûtent plus cher. C'est exactement pour ça qu'on refuse de chiffrer un chantier sans clause de révision des prix quand les travaux dépassent quelques semaines : un devis figé dans ce contexte, c'est un devis qui ment à son client dès le premier jour.

L'IEDOM note aussi une dégradation de la trésorerie des entreprises du secteur et un allongement des délais de paiement. Sur le terrain, ça se traduit par des fournisseurs plus prudents, qui sécurisent leurs stocks pour leurs clients réguliers avant d'ouvrir de nouvelles commandes. C'est une des raisons pour lesquelles on maintient depuis plusieurs années un dépôt local à Kawéni : avoir une réserve tampon sur les matériaux les plus demandés, plutôt que de dépendre uniquement du prochain bateau.

On s'appuie aussi sur des outils qui nous permettent de suivre l'évolution des prix fournisseurs et de recalculer un chantier dès qu'un poste dérape, au lieu de découvrir le dépassement à la facture finale. Ça nous aide à réagir plus vite qu'avant. Mais aucun outil ne fait remonter les importations de ciment, ni ne rend un bateau plus disponible. Le métré reste fait à pied sur le chantier, la négociation avec le client reste une conversation, et la décision d'ajuster un planning reste prise par un chef de chantier, pas par un algorithme.

Face à ce contexte, on annonce à nos clients des marges de sécurité un peu plus larges qu'il y a deux ans, sur les délais comme sur les prix des matériaux non encore commandés. On préfère annoncer un chiffre honnête et le tenir, plutôt qu'un chiffre optimiste qu'on doit renégocier en cours de chantier.

Les indicateurs peuvent repartir à la hausse au prochain trimestre, personne ne peut le garantir. En attendant, on préfère avancer avec les chiffres qu'on a sous les yeux plutôt qu'avec ceux qu'on voudrait avoir. C'est ce qui permet à un chantier de tenir ses engagements, même quand le contexte économique se tend.