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Un projet BTP, rénovation ou nettoyage à Mayotte ?

« Digitalisation du BTP » : ce que ça veut vraiment dire sur un chantier à Mayotte

« Digitalisation du BTP » : ce que ça veut vraiment dire sur un chantier à Mayotte

Le 18 septembre dernier, le Salon des infrastructures d’Abidjan a réuni ministres, industriels et responsables du BTP autour d’un thème : « Digitalisation, économie circulaire et gestion durable des ressources dans le BTP ». En Côte d’Ivoire, le secteur pèse près de 8 % du PIB, et le pays a investi plus de 7 500 milliards de FCFA en infrastructures depuis 2015. De ce côté-ci de l’océan Indien, sur un chantier à Kawéni ou à Bouéni, la « digitalisation du BTP » ne ressemble à aucun de ces chiffres. Elle ressemble à une facture qu’on n’a pas oublié de relancer.

On en parlait dans notre article sur la baisse des importations de ciment : l’IEDOM observe, ce trimestre, une dégradation de la trésorerie des entreprises du BTP à Mayotte et un allongement des délais de paiement. Quand un client institutionnel paie à 60 ou 90 jours et qu’un fournisseur, lui, veut être payé à réception, la trésorerie d’une entreprise de 60 personnes se tend vite. Et une facture qu’on oublie de relancer, c’est un mois de trésorerie en moins.

Avant, une relance de facture, c’était un chef de chantier ou un gérant qui, en fin de semaine, reprenait le tableur des factures en cours, repérait celles qui dépassaient l’échéance, et appelait un par un les clients concernés — en espérant ne pas en avoir oublié un au milieu d’un chantier qui prenait tout son temps.

Aujourd’hui, l’outil repère lui-même les factures qui dépassent leur échéance et prépare une relance — un mail ou un message prêt à partir, avec le bon montant, la bonne date, le bon ton. Ce que ça change, ce n’est pas la relation avec le client : c’est qu’aucune facture ne reste oubliée trois semaines parce que l’équipe était sur un chantier à Petite-Terre.

Ce que l’outil ne fait pas, c’est choisir comment on relance. Un client institutionnel comme Colas Mayotte ou la SIM, qui règle sur un cycle administratif long, ne se relance pas comme un particulier qui a simplement oublié une échéance. Ça, c’est un chef d’équipe ou un gérant qui le sait — parce qu’il connaît le client, son historique, ce qu’il peut se permettre de dire ou non. L’IA prépare la relance ; elle ne décide jamais de l’envoyer, ni du ton à employer.

Le mot « digitalisation » a fait le tour d’un parc d’expositions à Port-Bouët la semaine dernière. Chez nous, il n’a jamais eu besoin d’un salon pour exister : c’est un outil de plus, au service d’une équipe qui, elle, reste sur le terrain — à couler du béton, coordonner des équipes, et vérifier que les factures rentrent à temps pour payer la suivante.