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Un projet BTP, rénovation ou nettoyage à Mayotte ?

Une charpente sans clou ni colle primée pour Mayotte : ce qu'on en pense depuis le terrain

Une charpente sans clou ni colle primée pour Mayotte : ce qu'on en pense depuis le terrain

Le 8 septembre dernier, à la 25ᵉ cérémonie des Trophées de la Construction organisée par Batiactu Groupe et l'assureur SMABTP, un prix du jury est allé à une charpente pensée spécifiquement pour la reconstruction de Mayotte. L'entreprise G.Du.Bois a mis au point un système modulable, assemblé sans clou ni colle, conçu pour répondre aux besoins des chantiers nés du passage du cyclone Chido en décembre 2024.

On lit ce genre d'annonce avec un mélange d'intérêt et de prudence, pour les mêmes raisons qu'on évoquait déjà à propos du « choc de mises en chantier » réclamé fin août par Sébastien Lecornu : l'industrialisation de la conception, des plans standardisés et reproductibles, c'est exactement ce que demande le terrain à Mayotte depuis vingt mois. Une charpente qui s'assemble sans fixation traditionnelle et qui peut être préfabriquée en série coche, sur le papier, plusieurs de ces cases.

Concrètement, ce qui nous intéresse dans ce type de système, ce n'est pas la prouesse technique en elle-même, c'est ce qu'elle changerait une fois débarquée à Longoni. Une charpente préfabriquée qui arrive prête à monter, ça veut dire moins de temps passé sur un poste qui dépend aujourd'hui d'une main-d'œuvre qualifiée en nombre limité sur l'île — un des trois blocages qu'on citait déjà dans notre article sur le « choc de mises en chantier ».

Reste que primée à Paris et posée sur un toit à Kawéni ou à Sada, ce n'est pas la même chose. On n'a pas encore vu ce système sur un de nos chantiers, et une charpente conçue pour la reconstruction post-cyclonique doit d'abord prouver deux choses sur le terrain mahorais : qu'elle tient la charge climatique locale dans la durée, humidité et cyclones compris, et qu'une équipe non formée spécifiquement à ce système peut la monter dans les délais qu'on annonce à un client.

C'est là que la décision reste, comme toujours, entre les mains de quelqu'un qui connaît le chantier : un chef de chantier ne change pas de méthode de charpente parce qu'un produit a gagné un prix un mardi de septembre à Paris. Il regarde d'abord si le système est disponible localement, à quel prix, avec quel délai d'approvisionnement — les mêmes questions qu'on se pose pour n'importe quel matériau depuis que les importations de ciment ont chuté de plus de 30 % ce trimestre.

On suit ce genre de solution avec attention, parce que la reconstruction de Mayotte a besoin de systèmes qui tiennent la route sur la durée, pas seulement sur une estrade parisienne. Si cette charpente arrive un jour sur nos devis, on en reparlera avec le retour d'une équipe qui l'aura montée elle-même — pas avant.