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Un projet BTP, rénovation ou nettoyage à Mayotte ?

Briques de terre comprimée : ce que Batimat 2026 change (ou pas) pour nos chantiers à Mayotte

Briques de terre comprimée : ce que Batimat 2026 change (ou pas) pour nos chantiers à Mayotte

Depuis quelques mois, tous nos devis mentionnent la même ligne qui grimpe : le ciment. Nous l'écrivions déjà dans notre article sur la baisse des imports de ciment à Mayotte : le secteur a vu ses approvisionnements chuter de 30 % au deuxième trimestre 2026, et ça se sent sur chaque chantier qu'on lance. Alors quand on a vu que Mayotte allait avoir, pour la première fois, un espace dédié au salon Batimat à Paris fin septembre, avec des acteurs locaux qui présentent des briques de terre comprimée, on a voulu regarder ça de plus près.

Le salon se tient du 28 septembre au 1er octobre à Paris Expo Porte de Versailles. Cette année, pour la première fois, les outre-mer ont un espace dédié à la construction durable. Mayotte y est représentée par Art.Terre Mayotte, qui met en avant les briques de terre comprimée (BTC) et d'autres matériaux biosourcés et géosourcés produits localement. L'initiative s'inscrit dans le FOROM, le Forum de la construction durable en outre-mer, lancé à cette occasion après quinze mois de concertation avec plus de 300 professionnels venus de onze territoires. Une conférence est prévue le 30 septembre sur l'expertise ultramarine, avec des élus et l'ADEME.

Concrètement, une brique de terre comprimée, c'est de la terre du site, parfois mélangée à un peu de ciment ou de chaux, compactée sous forte pression dans un moule puis séchée à l'air libre. Pas de cuisson, donc moins d'énergie et moins de transport que le parpaing qu'on importe aujourd'hui presque entièrement. Sur le papier, l'intérêt pour Mayotte est direct : une matière première disponible sur place, une dépendance réduite aux bateaux et aux cours du ciment, et une meilleure inertie thermique, précieuse sous nos tôles en pleine saison chaude.

Mais un stand à Batimat ne change pas une méthode de chantier du jour au lendemain. La BTC reste très peu utilisée à Mayotte : il faut des unités de production locales capables de sortir un volume constant, des briques qui passent les DTU et les normes parasismiques et paracycloniques, et des équipes formées à les poser correctement. Rien de tout ça ne se règle en un salon. Pour l'instant, sur nos chantiers, le parpaing importé reste la norme, tout simplement parce que cette filière, même fragilisée par la baisse des imports, reste plus simple à mobiliser qu'une production locale encore naissante.

Ce qu'on en retient : la direction a du sens, surtout avec des approvisionnements en ciment qui restent tendus. Mais pour l'instant, la BTC reste un axe à suivre plutôt qu'une option disponible sur un chantier standard à Mayotte. On continue à se renseigner sur les filières locales et on vous tiendra au courant dès qu'un chantier concret sera possible avec ce matériau.